L’écrivain est-il un être asocial ?

La question mérite d’être posée.

En effet, l’auteur a besoin de solitude, de calme, d’être en retrait.

Mais qu’en pense son entourage ?

Voici une explication qui pourra, sinon le dédouaner de son isolement, tenter d’expliquer en quelques mots les raisons qui le poussent à se mettre en retrait du monde.

Ecrivain dans sa bulle

Lorsque l’auteur entre en écriture, il devient quelqu’un d’autre. Il rejoint un ailleurs qui n’appartient qu’à lui, se connecte avec ses personnages et capte leur énergie pour les faire vivre. Il part, il s’en va, il s’éloigne de la réalité pour replonger dans une autre qu’il façonne pour ses lecteurs.

En planchant sur son œuvre, l’écrivain devient tel l’ours dans sa tanière. Interdiction de déranger. La barrière qu’il pose est une protection nécessaire, un rempart qui lui permet d’écrire dans les meilleures conditions possibles. Sans pollution extérieure, il peut alors délivrer un résultat impeccable. Aussi, ses proches doivent faire preuve de compréhension. Pas toujours évident cependant…

Il faut comprendre que pour un auteur, rien n’est plus pénible que d’être extrait d’un univers, d’une histoire, par un cri, une parole, une interruption quelle qu’elle soit. En effet, chaque perturbation rend toute nouvelle immersion dans son monde plus difficile. De fait, la qualité des écrits peut en pâtir ou tout simplement, cela peut lui couper l’envie de poursuivre.

Solitaire, égoïste, mais avec ce souci de donner le meilleur de lui-même, l’écrivain est un être ambivalent. Il réclame son indépendance pour mieux offrir par la suite.

Les proches doivent donc apprendre à le laisser partir pour que le moment venu, il réapparaisse avec une belle histoire à vous proposer. Loin de ne penser qu’à lui, l’auteur veille à ne pas abandonner ceux pour qui son œuvre est destinée et ce, tout au long du processus d’écriture, jusqu’au point final.

Quoi qu’on en dise, l’écriture est faite pour les courageux. Achever un livre est une longue aventure en solitaire, même si l’on n’est jamais tout à fait seul. Car le temps des corrections venu, notre entourage est là pour nous critiquer, nous booster, nous aider à peaufiner notre création. Une fois la dernière retouche apportée, l’écrivain ressent un immense soulagement, même si d’une certaine façon, il se sent dépossédé. Il doit dire adieu aux endroits, personnages et aventures qu’il a créés de toute pièce… Le retour au réel est inévitable.

Après la mise en page, l’édition et la réception des ouvrages, l’auteur doit penser à la dédicace. Tout ce temps passé seul doit trouver son sens. Même s’il rêve d’un succès d’habitude réservé aux grands noms, il espère en secret rencontrer son public, si petit soit-il. Anxieux et impatient, il sait que ses lecteurs auront le dernier mot. L’attente des premiers retours est donc une source de stress pour l’écrivain. Plongé dans cette perspective, il se demande si ses efforts seront récompensés, son histoire comprise et s’il aura réussi à procurer du plaisir ou susciter des réflexions.

Alors, l’écrivain est-il si asocial que ça ? Pas vraiment. Écrire est un don du cœur, un processus généreux. Il veut vous faire plaisir avant tout ! Réfléchissez un instant. N’y a-t-il rien de plus agréable que de lire un bon bouquin, de le refermer et de se dire : « Ah, quelle belle histoire ! C’était génial… Merci ! »

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.